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" Qu'il  s'agisse de penser le devenir ou de l'exprimer, ou même de le percevoir, nous ne faisons guère autre chose qu'actionner une espèce de cinématographe intérieur. Le mécanisme de notre connaissance usuelle est de nature cinématographique." 

                             
                                   H. Bergson, l'Evolution créatrice.



                                                                                                                                                         

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Bonjour à tous !


 

Bienvenue à tous les amoureux du 7ème art...

 

Ce blog se propose de porter un regard analytique sur le cinéma d’aujourd’hui et d’hier. Un coup d'œil également sur le parcours des dernières sorties Ciné et DVD. Ici, on décortique le film, on donne son avis, on parle de nos coups de cœur, etc.  N'hésitez pas à laisser vos commentaires.

 

Bonne lecture...

 

 



7 mai 2008 3 07 /05 /mai /2008 07:45


Fan de Jean-Pierre Jeunet et Marc Caro depuis la première heure, je ne résiste pas à l’envie de vous faire découvrir ou redécouvrir « Foutaises », un court métrage génial de 1990. N’hésitez pas à cliquer, le tout ne dure même pas 8 mn.

                            
                         
                           

 
Fiche Technique:

• Titre: Foutaises
• Réalisation, scénario  : Jean-Pierre Jeunet
Montage et Son :  Marc Caro
Image : Jean Poisson
• Musique : Carlos d'Alessio
• Interprétation : Dominique Pinon
• Production : Zootrope
• Film : 35 mm, noir et blanc
• Format : 1,8
• Durée : 7 mn 30

L’histoire est on ne peut plus simple : Le narrateur (Dominique Pinon), seul face à la caméra, comme s’il s’adressait directement à nous, dresse la liste de ce qu’il aime et de ce qu’il n’aime pas.

En empruntant au poète G. Pérec (Je me souviens) et au penseur R. Barthes (Roland Barthes par Roland Barthes) le système binaire « J’aime / J’aime pas », Jeunet nous livre une œuvre à la fois sensualiste et nostalgique, bourrée d’humour et de fantaisies, qui s’adresse principalement à l’enfant qui ne s’est pas éteint en nous. Le titre même, « Foutaises », évoque dans le même temps la futilité, les choses sans intérêt, et l’absence de sérieux, la légèreté du ton. Dominique Pinon est un adulte qui n’a pas grandit. Ses grimaces, dignes d’une cour de récré, très habilement mises en valeur par une série de gros plans, en témoignent avec force. Son faciès est si éloquent que l’on se croirait parfois dans un dessin-animé. Pour cette interprétation du complexe de Peter Pan (phénomène actuellement à la mode avec les « adulescents »), l’acteur fétiche de Jeunet fait merveille, son jeu et son physique s’y prêtant parfaitement. Une gueule et une respiration. Tel un enfant, il ne justifie jamais son propos et ses goûts semblent aussi arbitraires que gratuits. (On verra que ce n’est pas le cas).  Ses références sont autant de petites vignettes que l’on collait sur les cahiers et qui nous ramènent à l’enfance des années 60-70 (la génération du réalisateur, né en 1953) : Bibi Fricotin, Razibu Zouzou, le p'tit Cérébos et puis aussi Tintin et Thierry la Fronde ("Thierry la Fronde est un imbécile ! Il a une fronde en matière plastique ! Il l'a achetée à Prisunic à 100 balles. »). Il dit : « J’aime croquer les oreilles des petits beurres », et l’on peut facilement voir dans ces petits beurres l’équivalent de la madeleine de Proust.
Il dit : « et j'aime toujours pas : les cadavres des sapins de Noël sur les trottoirs en janvier » et l’on comprend qu’il refuse la perte des illusions protectrices de son enfance. A la manière d’une comptine, tour à tour clown gai et triste, son catalogue de petits plaisirs et déplaisirs se décline en noir et blanc pendant 8 min très intenses et inventives. Evidemment, le choix même du noir et blanc n’est pas une option esthétique gratuite et permet tout autant un regard nostalgique par-dessus notre épaule qu’un hommage à la culture audiovisuelle de l’époque en question. [La génération de Jeunet est la première à disposer d’une culture-télé].

 

Ceux qui ont aimé Amélie Poulain se souviendront que ce procédé (J’aime/J’aime pas) a été réutilisé par Jeunet pour la présentation des personnages de l’histoire. (De même, les amoureux de Délicatessen auront fait le rapprochement entre la scène d’ouverture du court et celle du long métrage). Toutefois, avec Foutaises, il ne s’agit pas d’un simple exercice de style. Sans cesse, la forme rejoint le fond. Par exemple, la musique de Carlos d'Alessio, entièrement composée de valses au piano, nous fait admirablement virevolter, en pas-chassés mélodieux, d’un « J’aime » à un « J’aime pas ». Certes, la bi-polarité des goûts du narrateur permet une succession rapide des plans et donc une réalisation assez rythmée (preuve s’il en est que Jeunet a du talent) ; toutefois, ce kaléidoscope d’images, qui s’apparente à une somme d’impressions et de sensations qui nous estampille, n’est pas si aléatoire qu’il n’y parait. En effet, l’époque de notre enfance correspond à la période la moins conceptuelle de notre existence. A  5 ans, à 8 ans, à 10 ans… les petits bouts d’homme et de femme que nous étions ne retenaient que la surface des choses, et ces petits détails avaient valeur d’événements. Ce sont-là des impressions et des
sensations qui ont imprimé leur trace sur cette « table rase » qu’est la mémoire immaculée d’un enfant. Dés-lors, par le truchement d’une déclinaison systématisée, ce court tend à montrer que le fondement des idées, de la connaissance, somme toute, de l’identité correspond principalement à notre perception sensible de la réalité. Ici, la construction du monde dépend entièrement du témoignage des sens. C’est pourquoi, les unes après les autres, les réminiscences de nos cinq sens sont évoquées. Tout d’abord, le goût : « Et puis j'aime bien : faire une seule bouchée des jaunes d'oeuf sur l'plat... Manger l'jambon à même le papier... », puis le toucher : «r’monter mes chaussettes […] J’aime pas m’arracher les poils du nez».  Viennent ensuite la vue (le cinéma est visuel par essence) : « J'aime bien le graffiti du bout de ma rue [...] J’aime bien être témoin d’une scène si invraisemblable… » et l’odorat : « l'odeur du pain grillé le matin […] et puis le p'tits pots de colle blanche… » Pour finir avec l’ouïe : « J'aime bien allumer la radio et tomber sur la chanson que j'avais justement envie d'écouter… » Nous l’écrivions plus haut, il n’y a pas de hasard dans cette construction, mais plutôt la tentation d’une mise en système de la mémoire subjective du corps. Nous sommes « gros » des souvenirs de nos premières années. « Ouvrir un livre plusieurs mois après les vacances et puis r’trouver du sable entre les pages… Ouais ».

Pour toutes ces raisons, encore que je n'ai pas suffisamment insisté sur l'humour omniprésent, je ne saurai que trop vous conseiller Foutaises. Certes, il arrive parfois que la vie nous confronte à de très profondes peines ou à des joies insondables, mais elle offre aussi et surtout son lot d’instants minuscules, à peine perceptibles, qui effleurent la surface de notre peau d’une manière cyclothymique et prégnante. C’est tout cela, et plus encore, que ce court nous donne à voir. Enfin, si vous avez encore besoin de raisons pour être convaincu, sachez que Foutaises a été récompensé aux Festivals de Clermont-Ferrand et de Tignes en 1991.

 
« Et pour finir, quand je vais au cinéma voir un film, j'aime bien quand arrive le mot » :

                                                                            

 

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7 mars 2008 5 07 /03 /mars /2008 12:07

5 minutes et 12 secondes pour partager un petit coup de cœur : Dans le métro de Vancouver, deux violonistes rivalisent de virtuosité pour gagner l’attention d’une jolie voyageuse. Sur le quai, face à face, ils en viennent à se livrer un duel musical…



    

     Fiche technique
  • Titre : Corona Station
  • Année : 2004
  • Réalisation : Steve Rosenberg
  • Interprétation : Lache Cercel, Calvin Dyck et Stellina Rusich
  • Scenario : Steve Rosenberg et Heather Conn
  • Musique : Calvin Dyck et Lache Cercel, d’après George Gershwin
  • Photographie : Kamal Derkaoui
  • Genre : Court-métrage musical
  • Durée : 5mn12
   
    C’est au réalisateur Steve Rosenberg, véritable touche-à-tout canadien (également écrivain, documentariste et producteur TV), que l’on doit ce petit tour de magie sorti en 2004. Ses courts métrages dramatiques, Corona Station, Watching Mrs.Pomerantz, Vannica et Divin Waters ont été projeté à plusieurs festivals prestigieux dans le monde et lui valent une honnête réputation dans l’univers des courts (prix du meilleur réalisateur à The Toronto Worldwide Short Film Festival en 2000 pour Watching Mrs. Pomerantz). En ce qui concerne le duel musical, il faut préciser qu’il a été écrit et interprété par les deux acteurs eux-mêmes, Lache Cercel et Calvin Dyck, à partir du (superbe) morceau de George Gerswhin, The Man I love.

     Personnellement, je ne suis pas spécialement mélomane, mais j’ai tout de suite été séduit. Le morceau commence de manière très classique. Nous sommes dans le métro, un lieu de transit ultra-civilisé par définition, un lieu où l’on est pressé (au propre comme au figuré), où l’on n’a pas le temps de s’arrêter. (Somme toute, un décor souvent utilisé pour un court). C’est dans ce cadre qu’une voyageuse en partance, l’œil sur la montre, se laisse distraire par deux violonistes qui jouent pour quelques pièces. Aussitôt, le bruit, les discussions, les rames qui fendent l'espace sont masqués par le son des violons, et non l’inverse ; la musique parvient à prendre le dessus et son oreille devient la notre. Débute alors un intense crescendo. Les deux musiciens, se disputant la même muse, engagent un clash d’un genre nouveau pour se départager. Et là, c’est parti : un feu d’artifices dans la grisaille souterraine, un sursis, une suspension du temps, évanescente comme une larme qui roule et disparait. Le morceau s’accélère. Les deux rivaux s’escriment littéralement, leur archer en guise d’épée, (comme dans tout bon Battle, les adversaires se respectent). Leurs mouvements sont de plus en plus vifs, chacun y allant de son solo inspiré jusqu’aux derniers instants, perfusés au jazz, qu’ils jouent de concert. Quelques applaudissements et voilà que c’est déjà fini, les impératifs de la vie nous obligent à prendre cette rame et partir. Comme cette femme, le temps nous manque souvent dans cette société où l’on est voué qu’à se croiser, seulement. Mais par je-ne-sais-quel tour de passe-passe, il arrive que la musique parvienne à survivre en nous. Ce fut ici le cas.
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