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" Qu'il  s'agisse de penser le devenir ou de l'exprimer, ou même de le percevoir, nous ne faisons guère autre chose qu'actionner une espèce de cinématographe intérieur. Le mécanisme de notre connaissance usuelle est de nature cinématographique." 

                             
                                   H. Bergson, l'Evolution créatrice.



                                                                                                                                                         

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Bonjour à tous !


 

Bienvenue à tous les amoureux du 7ème art...

 

Ce blog se propose de porter un regard analytique sur le cinéma d’aujourd’hui et d’hier. Un coup d'œil également sur le parcours des dernières sorties Ciné et DVD. Ici, on décortique le film, on donne son avis, on parle de nos coups de cœur, etc.  N'hésitez pas à laisser vos commentaires.

 

Bonne lecture...

 

 



15 juin 2008 7 15 /06 /juin /2008 11:47



Fiche technique :

  • Titre original : Raging Bull
  • Réalisation : Martin Scorsese
  • Interprètes : Robert De Niro, Joe Pesci, Cathy Moriarty, Franck Vincent, etc.
  • Scénario : Paul Schrader et Mardik Martin
  • Directeur de la photo : Michael Chapman
  • Musique : Robbie Robertson
  • Montage : Thelma Schoonmaker
  • Date de sortie en France : 25 mars 1981
  • Film américain
  • Genre : drame
  • Durée : 129 minutes

 

     Que l’on aime ou non la boxe, il faut bien reconnaitre que Raging Bull est un film indispensable et brillantissime, très différent et beaucoup plus profond que l’ensemble des films de boxe auxquels nous sommes habitués. Inutile de rappeler à quel point le « noble art » est une discipline cinégénique [Nous avons gagné ce soir, Plus dure sera la chute, Rocky, Hurricane Carter, Million Dollar Baby, etc.]. Certes, Raging Bull retrace l’histoire du célèbre boxeur Jack La Motta, tirée de ses Mémoires, Comme un taureau sauvage. Toutefois, au-delà de l’aspect sportif,  – on oublie souvent que le film ne comporte que quinze minutes de combat –,  c’est au portrait ambivalent d’un être brutal en quête de rédemption, truffé de références personnelles à Robert De Niro, ainsi qu’au paradigme du parcours typique d’un boxeur, auxquels nous confronte le maître Scorsese. Attention, chef-d’œuvre de l’histoire du cinéma !

La genèse du biopic

     Initialement, Martin Scorsese ne voulait pas faire le film. La boxe ne l’intéressait pas le moins du monde et, selon son point de vue, la fin des années soixante-dix avait déjà engendré suffisamment de films sur la boxe pour prendre ce risque. C’est, par conséquent, grâce à l’acharnement de son ami, et acteur fétiche, Robert De Niro que l’œuvre verra le jour. A ce titre, la genèse du projet est très intéressante. En 1974, R. De Niro, amateur de boxe s’il en est, découvre le livre de Jack La Motta (publié en 1970) et s’enflamme tout de suite pour cette histoire pas si éloignée que cela du gangstérisme. Précisons tout de suite que La Motta fut un excellent pugiliste. Les Français le connaissent principalement pour avoir ravit le titre de champion du monde des poids moyens à Marcel Cerdan, le 28 octobre 1949 (La Motta amena Cerdan, par ses habiles esquives, à la déchirure musculaire). C’est d’ailleurs à l’issu de ce combat d’anthologie (pour les Français seulement, car les Américains ne l’ont pas conservé en mémoire) que La Motta hérita de son fameux surnom « le Taureau du Bronx ». 

Les « Taureaux du Bronx »

     Revenons à ses Mémoires, Comme un taureau sauvage qui inspirèrent à De Niro le film. Manifestement, l’acteur a cru s’y retrouver.  En effet, La Motta décrit sa jeunesse comme celle d’un jeune Américain d’origine italienne, à moitié analphabète, pauvre et toujours à l’affût d’actes propres à la petite délinquance (on peut là reconnaitre, en substance, la trame de Il était une fois le Bronx, première réalisation de De Niro).  Le boxeur se dépeint lui-même comme un esprit fruste, qui cogne d’abord et réfléchit ensuite. Une brute épaisse avec un cou d’animal. Plus encore, La Motta s’accuse, fanfaron, d’homicide sur la personne d’un bookmaker, ou encore de viol. Il n’a commis ni l’un ni l’autre mais cela donne une idée du personnage. Le film, très peu complaisant, donne d’ailleurs à voir un homme impulsif au possible, qui bat sa femme (les boxeurs ne montent pas sur le ring que pour de l’argent) et qui en vient à culpabiliser de ne pas parvenir seul à dompter son tempérament. (Ses colères passées, il regrette le mal fait). Bref, le parcours de La Motta n’a pas besoin d’être retouché et constitue à lui seul un scénario élaboré selon les règles de l’art. La Motta se retrouve en prison pour une broutille. Il assomme d’emblée trois gardiens avec ses poings. Fin du premier acte. Entre en scène l’inévitable prêtre plein de bonnes intentions qui va l’orienter vers la boxe (considérée comme une école de vie) afin de contenir, voire de dresser, la bête qui est en lui. La Motta prend d'emblée une correction par un boxeur expérimenté et décide alors d’apprendre sérieusement la technique et les règles de ce sport. Rapidement, on découvre en lui des aptitudes. La boxe canalise son tempérament autant que cela est possible. On le voit, que d’analogies entre le « noble art » et le « septième art », entre La Motta et De Niro. Bien-sûr, ce dernier prétend n’avoir tué ni violé personne, mais il est le premier à avouer que c’est le cinéma qu’il l’a placé sur le droit chemin. Fin du deuxième acte. Le boxeur s’acharne alors à apprendre son métier ; comme on s’en doute, il obtiendra une sévère revanche sur celui qui l’a mis au tapis, et le voilà parti pour devenir le meilleur au monde ;  la gloire, la célébrité puis la déchéance au bout de la route. Saupoudrez d’un zest de magouilles et d’amour-passion tout ce troisième acte et vous tenez un scénario de qualité.


Du  « noble art » au « 7ème art » : la subjectivité

Mais Martin Scorsese n’est pas décidé. En 1978, De Niro a alors 35 ans et il insiste lourdement auprès de son ami pour qu’il accepte de réaliser le film. « Je n’ai plus que deux ans pour faire subir ça à mon corps. C’est maintenant qu’il faut tourner. » Le cinéaste, entre de graves problèmes de santé et son peu d’enthousiasme pour le projet, tergiversa pendant environ deux ans avant d’accepter, par amitié essentiellement. Sa seule exigence consistait à ne pas faire un film de boxe comme les autres. Dés-lors, De Niro entra dans une phase d’entraînement intensive. Ecrivons-le tout de suite, sa performance est fantastique, non seulement pour sa transformation physique mais surtout pour l’intensité de son jeu, tellement authentique. Sa générosité déborde de chaque plan. Ce rôle lui vaudra d’ailleurs l’Oscar du meilleur acteur en 1980. Pour Taxi Driver, De Niro avait déjà conduit un taxi pendant trois mois dans New York. Pour Raging Bull, il resta fidèle à sa méthode et sua chaque jour sang et eau sur le ring, sous la houlette de Jack La Motta lui-même. La légende raconte qu’au bout de six mois de ce régime de forçat, De Niro n’était pas loin d’avoir atteint le niveau professionnel. Pour preuve, lorsque pour les besoin d’une scène, Scorsese demanda à De Niro et Pesci de se « friter » l’un l’autre, ce dernier, pourtant ancien boxeur amateur, y laissa deux côtes fracturées. Bref, De Niro était affûté comme jamais et les séances de tournage des combats purent commencer. Comme prévu, Scorsese ne filma pas ces combats de manière standard et entreprit une vraie réflexion sur leur rendu esthétique. A tous points de vue, le spectateur en prend plein la tronche. La violence de ces combats (quatre au total) évolue crescendo et le son des coups semblent de plus en plus sourd et crédible. La douleur est palpable. Le boxeur est plus que jamais un fauve en liberté surveillée et le ring est un lieu sacré où il peut délivrer ses pulsions et son agressivité naturelle. Pour créer cette énergie et cette dureté, le réalisateur prend le parti-pris de n’utiliser qu’une unique caméra et de la placer à l’intérieur même du ring, ce qui nécessitera la construction d’un ring deux fois plus grand que de normal. Le cadrage est très agressif. En outre, certains plans séquences nécessitent que les mouvements soient chorégraphiés et synchronisés au millimètre. Un véritable ballet. Toute la virtuosité et tout le bagage technique de Scorsese se trouvent ici condensés (plongées, contre-plongées, travellings, panoramiques, etc., tout y passe). Derrière les flashs des photographes qui crépitent, les visages apparaissent en gros plan et le sang et la sueur coulent abondamment sans que l’on puisse visuellement les dissocier. Là encore, l’utilisation aussi épurée que crépusculaire du noir et blanc est on ne peut plus judicieuse et laisse une impression de brouillard et de peur. Nous sommes pour de bon dans la peau du boxeur. Nous encaissons avec lui. Jamais l’intensité d’un combat de boxe n’aura été aussi bien restituée. Au final, ces quinze minutes de combats auront nécessité dix semaines de tournage et seize semaines de montage. Précisons que c’est à Thelma Schoonmaker que l’on doit ce montage, lequel lui vaudra un Oscar en 1980.

     La suite du tournage prend une large part dans la réputation d’acteur-total De Niro, dans la mesure où elle le conduira, afin d’incarner la déchéance de La Motta, à prendre quelques trente kilos en quatre mois. A l’image d’un boxeur, il n’hésite pas à mettre en jeu sa santé. Des litres et des litres de bières furent sa « pénitence » mais il faut bien reconnaitre que, sans autres effets spéciaux que le maquillage, la transformation est bluffante. Le visage bouffi et marqué est quasi-méconnaissable. Notons que sept ans plus tard, pour le rôle d’Al Capone qu’il incarne dans Les Incorruptibles (1987), de Brian De Palma, De Niro préférera porter une prothèse plutôt que de faire subir à nouveau à son corps ce calvaire.


Un regard objectif sur le monde de la boxe

                                                                                                                                                                                                                
     A travers La Motta, c’est une image assez réaliste de la boxe et des boxeurs que nous percevons. En effet, le parcours de La Motta cristallise un paradigme assez récurrent chez les boxeurs qui ont connu les sommets : ombre, lumière et ombre. Bien rares sont les pugilistes qui ont parfaitement réussi leur reconversion. (Mohamed Ali est l’exception qui confirme la règle).  Certes, La Motta eut la sagesse d’ouvrir un restaurant et de ne pas trop se perdre dans la comptabilité. Reste néanmoins que la fin du film met littéralement en scène une dialectique de l’oubli qui symbolise très bien le parcours normal et triptyque d’un boxeur. On y voit un La Motta lourd et beauf (ah, les mimiques de De Niro…), qui n’a rien appris et qui est retombé dans la médiocrité. Plus encore, le boxeur est torturé par son tempérament et demande implicitement à être puni pour le mal qu’il n’est pas parvenu à chasser en lui (violence, impulsivité, égoïsme, etc.). Le compte-rendu psychologique du déclin évolue donc dans les nuances et la dualité. Sur ce point, le métrage est encore une fois à la hauteur et l’objectivité redevient dominante. En effet, si les combats nous ont été donnés à voir de l’intérieur, la déchéance de La Motta est, elle, envisagée d’un point de vue externe. Ce changement de perspective qui permet le glissement de la subjectivité à l’objectivité apparait comme un nouveau coup de génie du réalisateur : ici, la boxe est dévêtue de son manteau de rédemptrice, elle ne corrige que les plus doués, mais renvoie les autres à leurs faiblesses. Dont La Motta. « Quelle profession a jamais laissé plus d’épaves dans son sillage ? La boxe est un sport viril et noble, mais elle n’offre dans la plupart des cas aucune compensation. » (Gene Tunney,  La vie est un combat). En l’occurrence, il s’agit de remplacer le mot « compensation » par celui de « rédemption ». En effet, au-delà de la boxe, c’est  l’angle psychologique, et plus précisément l’échec de l’entreprise de salut et de rachat de l’homme qui donne autant d’épaisseur au film. Ainsi, de façon très lucide, Scorsese nous donne finalement à voir la propension du boxeur à l’auto destruction, le pathétisme de sa quête expiatoire, et les problèmes psychologiques que pose la « réinsertion » du combattant, individu habitué à laisser s’exprimer sans entrave sur le ring son énergie la plus sauvage, dans un univers collectif et social peu à sa taille.

     Pour finir, je vous propose de visionner le générique (2mn30) de début de Raging Bull. La musique, extraite de l'opéra Cavalleria Rusticana (écrit par Mascani), qui accompagne les images du héros pratiquant le shadow boxing avant le combat (littéralement « boxer contre son ombre »), est là pour signifier inconsciemment au spectateur la profondeur du drame qui va se jouer, ainsi que la peur, le courage et la concentration qui habitent le boxeur à cet instant. En un mot : « SUPERBE ».

                           
                               
                           
                        
                           

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commentaires

Shin 26/06/2008 16:30

Bonjour Baccawine,Voilà un film que je n'ai pas vu depuis bien longtemps... Il faudrait vraiment que je le revois prochainement car je ne m'en souviens plus vraiment... Ta chronique est très détaillée en revanche et très agréable à lire.Amicalement,Shin.PS: Je tenais juste à signaler que je t'avais ajouter à mes favoris. Bonne fin de journée !Shin.

Caroline 25/06/2008 09:18

Juste un petit mot avant les grandes vacances. J'ai déjà posté sur Ragig Bull mais je viens de revoir un autre film culte "l'affaire Thomas Crowne", dans mon souvenir c'était un film éblouissant. C'est filmé dans un style élègant et Steve Mc Queen possède vraiment la classe et le charme pour le role, en revanche Faye Denauway (dans mon souvenir, elle était sublissime) surjoue énormement mais peut-etre est -ce voulu par le réalisateur. Bref, une pincée de déception. Ah quand meme la scène du jeu d'échecs est vraiment inoubliable. L'as-tu revu récemment?

syboule 25/06/2008 08:59

un petit passage pour un grand coucou, en attendant de lire sur ton blog un nouvel article !!! bizzzzz

danyboy 23/06/2008 15:12

Hello je passe juste vite fait pour te souhaiter un bon début de semaine@+

dasola 19/06/2008 17:38

Bonjour Baccawine, merci pour ce billet mais j'ai vu le film à sa sortie, il y a plus de 25 ans et je ne l'ai pas revu depuis. Je n'étais pas beaucoup aimé parce le personnage principal est plutôt antipathique. La mise en scène est virtuose et De Niro impeccable mais non. Je préfère des films comme Fat City ou nous avons gagné ce soir. Bonne fin d'après-midi.